Juliette Blamont, une découverte littéraire : Égarée dans l’hiver

Paris, 14/04/2016

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Titre : Égarée dans l’hiver

Auteur : Juliette Blamont

Édition : Des Étrangères

Date de publication : 2 novembre 2011 à Palerme

72 pages, broché, sous jaquette

avec inclusion de photos

prix : 10€

vente en ligne sur : https://www.lmet.fr/GSWeb/lmet.gswa     

    

« par la fenêtre du train, les arbres sous la neige

semblaient des amandiers en fleurs .»

Égarée dans l’hiver est un texte bouleversant qui relate les déplacements ferroviaires de la narratrice séparée de son amour, hospitalisée dans une clinique. Quarante-hui voyages, « deux fois par mois pendant deux ans. » Aux paysages perçus par la fenêtre du train se superposent les paysages intérieurs, faits de souffrance, de solitude, de mélancolie et de mémoire affective (référence à Proust oblige, – les plus lettrés d’entre nous auront, en effet, reconnu l’emprunt du titre au Côté de Guermantes -)

Millefeuille de souvenirs et tombeau littéraire, ce récit relève donc du lyrisme élégiaque, puisqu’aux mots de l’amour se mêlent les mots du deuil, mais surtout de la litote, car rien ne pèse ou ne pose dans cette évocation de l’aimée, condamnée par une maladie : ni lieux, ni noms, ni indiscrétions ne viennent la défigurer, à l’exception d’un toponyme, « la gare d’Exiles », cité pour faire écho au titre et dire, comme par métonymie, le désarroi de la narratrice.

Mais c’est aussi un texte très personnel, dans lequel la présence de l’auteur se fait sentir par maints procédés stylistiques et, notamment, par la typographie et la ponctuation. En effet, s’il est commun que la voix de l’auteur se fasse entendre par les mots en italiques, il est plus singulier d’employer les deux points pour relier des éléments contraires et se constituer une bien inattendue fabrique d’oxymores.

Ainsi, « aimer, espérer, connaitre, reconnaitre, soigner » sortent bien de la bouche de Juliette Blamont, auteur et narratrice de cette élégie, dont les spasmes émotionnels, intacts au moment de la rédaction, sont transcrits dans la prosodie disloquée : « Je la regardais et c’était, encore, le mouvement de son cou, c’était : elle, à nouveau, mais : elle levait la tête et je voyais : son visage : vidé de son sourire, privé de son regard – disparu de son vivant. (…) sa voix : que je reconnaissais : inconnue.»

Alors que la littérature nombriliste prolifère, que les egos se répandent sans pudeur, il est heureux de tomber sur une de ces rares pépites, discrète, si discrète, délicate, si délicate.

 

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