Juliette Blamont, Une découverte littéraire : Jo et Ju

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Titre : Jo et Ju

Auteur : Juliette Blamont

Édition : Des Étrangères

Date de publication : septembre 2015 à Palerme

68 pages, broché, sous jaquette

avec inclusion de photos

Prix : 10 €

 

vente en ligne sur : 

https://www.lmet.fr/GSWeb/lmet.gswa

 

 

     « les images qui se rencontrent dans nos cerveaux 

sont librement irrespectueuses des hiérarchies esthétiques, géographiques et temporelles, 

comme elles le sont de la disparition des êtres et des choses »

 

Jo et Ju, opuscule inclassable qui tient des mémoires, du récit onirique, du conte et du portrait, jaillit d’un souvenir enchanté, de lectures enthousiastes et du fonctionnement de l’imagination.

C’est un petit bijou de littérature, un texte éblouissant sur des vies minuscules, celles de Julien et Jo Rouanet, merveilleux amis d’enfance de la narratrice qui, par delà la différence d’âge et de condition, ont contribué à la construction de sa personnalité.

Elle, douze ans, écolière issue de la bourgeoisie juive du Sud de la France, eux, la soixantaine passée, jardiniers-maraichers dans le hameau désertifié de ses vacances.

Elle, animée d’un « enthousiasme intérieur », eux, doués pour le bonheur, « indifférents aux formes monstrueuses de l’Histoire », et qui lui ont appris l’amour de la nature, le respect des vestiges déterrés en binant et le mépris des forces du mal ; eux qui ont eu le pouvoir de l’apaiser comme seuls certains livres, plus tard.

Alors rien d’étonnant à ce que leur évocation engendre des souvenirs de lecture !

Et cela nous vaut un texte inouï et sinueux, aux phrases en spirale, qui ricoche sur des images ou sur des mots et nous conduit bien au delà de l’évocation d’un fragment enchanté de l’enfance.

En se remémorant cette journée particulière, où elle découvrit le verger des Rouanet et leur « cabane de Blanche Neige », la narratrice insiste sur le sentiment de bonheur que lui donna la beauté des forêts, rencontrées en chemin, – beauté qu’elle reconnut devant les paysages peints par W.G. Sebald dans les Anneaux de Saturne : alors bonheur d’enfance et bonheur de lecture se confondent et le récit passe de l’un à l’autre ;

en revoyant Jo, penchée sur une bêche après avoir repiqué des haricots verts, elle se souvient de Paul Bereyter, l’un des quatre Émigrants du même W.G. Sebald, l’instituteur jardinier, décrit dans la même attitude. Alors vie de Jo et vie de Paul se répondent dans d’inattendues correspondances qui font entrer le lecteur dans le labyrinthe de la création littéraire ;

enfin, en se souvenant de Ju qui entrait dans son verger comme dans « une salle de bal », voilà que la narratrice se retrouve avec la noblesse sicilienne fin de race, celle du Guépard de Visconti, et qu’elle nous mène au pied du palais Valguarnera-Gangi, à Palerme !

 Alors on comprend que coïncident dans son esprit des personnages, des lieux et des événements divers et qu’elle les assemble selon les règles de la « reine des facultés ».

 

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